From many places, speaking truth
and making magic happen. Celebrating language.

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UZEYIR LOKMAN CAYCI - Page 2

Le 1er Mars
The 1st of March
L'Homme Âge de 55 Ans
The 55 Year Old Man
Ne Cache Pas Ta Nostalgie, Ma Cherie
Do Not Hide Your Nostalgia, My Darling
Maman
Mama
Il Etait un Enseignant
He Was a Teacher
Quelle Est La Relation Avec Les Peines
What is the link between troubles?
Agha
Agha
Verticales et Horizontales
Vertical and Horizontal
Lorsqu'On Parle de Mantes La Ville
When they speak of Mantes, the City
Yakup Yurt
Yakup Yurt
Puisque Tu Es Libre Mon Enfant
Since you are free, my child
Va-T'en Maintenant...Reviens Après
Go Now...Come Back Later
Les Abîmes
Abysses
Il Fût un Temps Ils Ont Fait Faire des Combats de Coq à Nos Gens
It was a time they made cock fights with our people
Etre Sauvé
To Be Saved
J'ai Ecrit Mes Poèmes avec Mon Coeur
I wrote my poems with my heart
Je ne puis te dire "reste dans une nuit"
I cannot say to you, 'rest in the night'
J'étais dans ces pages-là
I was in these pages
Traduit par Yakup Yurt . English translations by Joneve McCormick

Poèmes-Page 3 . Poèmes-Page 4 . Poèmes-Page 5 . Poèmes-Page 1









Le 1er Mars

Au 1er mars
Ils ont fêté l'anniversaire
De notre arrachement les uns des autres.
A ce moment-là les eaux étaient troubles
Il y avait des taches noires sur les murs
Et des colères dans les yeux…

Pendant que les eaux coulaient à l'envers
Certains documents importants
Etaient jetés
Dans les vides des tiroirs…

Les tasses de café renversées
Et les jeux de cartes
Etaient restés longtemps
Sur les livres de lois…

Sous un toit artificiel
Trois personnes
Jouant très bien leur rôle
Avaient fait
Une démonstration de force…

Pendant ce temps-là
Un entêtement
Avait fendu les murs,
Et avait ouvert à droite et à gauche
Des fossés irrémédiables…

A cet endroit
Où les fenêtres et les rideaux
Etaient devenus inutilisables
Ceux qui voulaient remplir les puits avec de l'eau versée
Etaient devenus en peu de temps
Comme un nœud bien serré.

Au 1er mars
Ils ont fêté l'anniversaire
De notre arrachement les uns des autres.







L'Homme Âge de 55 Ans

L'homme âgé de 55 ans,
Qu'il sache ou non,
Aimait fredonner
Des chansons…
Beaucoup de gens,
S'amassaient autour de lui…
Et l'écoutaient
Bouches bées…

On a bu les thés,
On a mangé les gâteaux
Les casseroles ont été trouées…
C'est ainsi que les jours
Se sont déroulés là-bas…
Certains ont oublié
De trier le riz…
D'autres ont endormi des enfants…
Dans la cuisine
Les fenêtres ont noirci;
Et les feuilles ont jauni
Dans le jardin…

Pendant que l'homme âgé de 55 ans
Pleurait
Pour sa mère décédée,
L'un d'entre eux:
Se l'est approprié en disant
"Oh ! mon petit…oh ! mon petit…"

L'homme âgé de 55 ans,
A continué
Durant des années
A fredonner des chansons…
Pendant ce temps-là,
Beaucoup de gens ont vieilli…
Quant à lui,
Il est resté à ses 55 ans…






Ne Cache Pas Ta Nostalgie, Ma Cherie

Nous nous sommes habitués à tout, tu le sais
Nous nous habituerons à la séparation aussi
Pendant que tu contemplais l'obscurité au loin
J'étais au milieu des mers
Mes espoirs s'allongeaient sur les vagues…

Ne cache par ta nostalgie ma chérie
Il n'est pas si facile d'attendre
Ces obscurités n'auront pas d'impact sur nous
Pour autant
Que nos espoirs ne nous tranchent
Couteau par couteau…






Maman

Tu as intériorisé les peines
Tu as perdu tes yeux
Mais tu n'as pas perdu
Ton amour maman…

Tes paroles m'ont touché
Telle une rose
A l'étranger
Tu es en moi par les souvenirs
En moi maman…

Les nuits racontent les saisons
Et les saisons racontent
Les chagrins
Je veux oublier
Pour un moment ces moments pénibles
De grâce, oublie-les aussi maman…

Ne me dis surtout pas
Que cela n'est guère possible
Porte les beaux espoirs
Comme ton amour
Oublie à jamais les nuages noirs
Oublie maman…







Il Etait Un Enseignant

Impossible de dissimuler les vérités
Aux cœurs honnêtes….
Il était un enseignant…
Un bon ami;
Un bon compagnon….

Il parlait avec les cœurs
Il parlait cordialement,
Son cœur n'a pas pu résister
Aux pressions inutiles…

C'était facile
De ne pas comprendre les gens…
Son dictionnaire ne contenait pas
Fermer les yeux
Boucher les oreilles
Et parler derrière le dos
Des uns et des autres…

L'un derrière l'autre;
L'autre encore derrière un autre…
Certains ne l'ont point compris;
Et pourtant
C'est impossible de dissimuler les vérités
Aux cœurs honnêtes…

Les voix d'amis
Eclairent nos cœurs
Telle une lumière…
Il était un enseignant…
Un bon ami;
Un bon compagnon….







Quelle Est La Relation Avec Les Peines?

Quelle est la relation avec les peines
Du vase, du bocal,
Des idoles qui sont en nous? …

Quelle est la relation avec les peines
Des fenêtres qui ne s'ouvrent pas,
Des portes cadenassées,
Des années perdues? …

Quelle est la relation avec les peines
Des mères et des pères
Qui souffrent en silence,
Des enfants sans personne? …

Quelle est la relation avec les peines
Du vase, du bocal,
Des idoles qui sont en nous? …







Agha

L'agha urbain
Qui ne veut pas nous comprendre
Ecoute les aghas…

Les bœufs sont fatigués
Les vaches ne donnent pas de lait.
Les roues de la charrette à cheval
Sont cassées
L'agha ne donne pas à manger
Aux chevaux…

La modération, voire la mesure supprimée
L'être humain n'aime pas autrui
Le cadet ne cède pas sa place à l'aîné.

Côte à côte
Avec l'obsédé
Avec l'immoral;
L'agha ne connaît pas
L'innocent, la victime…

Il a un air de chanson humaniste
Au bout de sa langue
Mais…
L'agha n'a pas de considération
Pour l'être humain…


(Dans l'Ottomane Empire, les commandants de le
différentes branches de service militaire
ont été appelés aghas.
)







Verticales et Horizontales

Le plus important
Selon vous,
Ces sont les céphalopodes
Ou le fait que l'oignon
A un effet lacrymogène?

Les pauvres imbéciles
Amateurs de couleurs
Ignorent malheureusement
Que le blanc
N'est pas une couleur…

Les filles de joie
Et les machines silencieuses
Sont de mèche
Avec les maîtres à rumeurs…

Les égoïstes reptiles,
Les imbéciles cherchant le règne
Dans les poches des autres,
Les flatteurs versant du mal
Dans la bonté qu'ils font
On ne les distingue pas…

Le plus important
Selon vous,
Ces sont les céphalopodes
Ou le fait que l'oignon
A un effet lacrymogène?







Lorsqu'On Parle de Mantes La Ville

Lorsqu'on parle
De Mantes la Ville,
Les amitiés
Et les beautés
Me viennent à l'esprit…

J'oublie
Ma fatigue
Parmi mes rêves…
Le soleil naît autrement
Sur mes sentiments…
Les paysages
Ne vieillissent jamais
Dans mes regards…
Mon avenir
S'éclaire en quelque sorte
Je biffe
Sur mes doutes…

Je regarde dans les yeux
Du temps plein de sentiments
Je vois une date
Dans les cieux
Des vieux enfants…

La tristesse de l'air pollué
N'entre pas
Par les fenêtres ouvertes…
La clarté des foyers
Devient un tableau…
Les oiseaux ont leurs nids
Dans les cœurs…

Lorsqu'on parle
De Mantes la Ville,
Les amitiés
Et les beautés
Me viennent à l'esprit…







Yakup Yurt

L'amour humain est planté
Dans ton cœur...
Le vent,
La tempête,
La tonnerre
Ne t'ébranlent pas...

Tu es à même
De distinguer les bons
Parmi les mauvais
Et les mauvais
Parmi les bons...
Tu es le traducteur
Des réalités...

Dans les relations
Confuses et emmêlées
Tu es en mesure
De saisir
Le bout des faiblesses
Avec ton cœur
Sans aucune difficulté...

La nuit,
En rêvant des hommes
Restés cloués
Dans l'obscurité du jour,
Tu relates la réalité
Par une approche appropriée
Et des paroles raffinées...
Tu es le traducteur
Des beautés.







Puisque Tu Es Libre Mon Enfant

Puisque tu es libre mon enfant
Alors dis
Que ton père achète des chevaux...

Alors parle
De la tique sur son dos
Des trous dans sa poche

Alors dis
Que les eaux ne coulent pas,
Que certains te regardent
De haut...

Puisque tu es libre mon enfant
Alors raconte
Comment l'histoire se répète,
Comment s'en va
Tout ce qu'on a dans la main?

Puisque tu es libre mon enfant
Alors dis
Que ton père achète des chevaux...







Va-T'en Maintenant...Reviens Aprés

Ne reste pas plus longtemps devant mes peines
N'ébranle pas mes sentiments intimes
Dorénavant ne touche pas à mes idées
Ne ranime pas mes souvenirs
Laisse-moi seul
Va-t'en à présent…
Reviens plus tard!

Moi, je suis dépendant de ma solitude…
Je ne laisse pas autrui piétiner
Si facilement mon amour
Laisse-moi seul
Va-t'en à présent…
Reviens plus tard!

Moi, je suis habitué à l'ironie du ciel
Cela n'a aucune importance
Que je sois découvert dans mon sommeil…
Je grimpe moi-même sur mes arbres
J'arrose moi-même mes fleurs
Laisse-moi seul
Va-t'en à présent...
Reviens plus tard!

Ne reste pas plus longtemps devant mes peines
N'ébranle pas mes sentiments intimes
Dorénavant ne touche pas à mes idées
Ne ranime pas mes souvenirs
Laisse-moi seul
Va-t'en à présent...
Reviens plus tard!







Les Abîmes

Le bleu du ciel est tombé sur tes bords
Les sommeils sont devenus les échelles de tes murs
Les voix vides ont été suspendues
Dans ton cœur.

Il a mis la main dans les abîmes
Il a retiré ton impuissance
Du bout de tes yeux.

Les gouttes
Se sont dispersées dans les cieux du printemps
Au fur et à mesure que descendent des hauteurs
Les regards ont changé de couleur.

Il a entendu sa türkü*
Des lèvres des femmes
Il est parti sans prendre
Les plus douces odeurs de parfums.

Ses doigts ont déambulé dans ses mézés**
Pendant que s'illuminaient les corps de femmes nues
Il n'a pas pu se mettre debout
Dans les abîmes creusées par les étoiles...


*Türkü signifie chanson populaire anatolienne,
par opposition à la musique classique turque.

**Mézé signifie les petits mets pour accompagner
Les boissons alcoolisées lors des banquets, amuse-gueule.






Il Fût un Temps Ils Ont Fait Faire des Combats de Coq à Nos Gens

Il fût un temps
Ils ont fait faire des combats de coq
A nos gens...
Pendant que les ombres
Etaient en visite à Ankara
Nos gens
Ont chanté des complaintes
En Anatolie...

Des poèmes ont été écrits
Sur les éclipses solaires artificiels
Et des bâtiments
Transformés en prison...
Les spectateurs sur les scènes
Et les acteurs dans les salles
Se sont battus à coups de poing...

Dans ces lieux où on n'entend pas
Les chants d'oiseaux
Il y avait des hurlements
Griffant les oreilles...
Il fût un temps
Ils ont fait faire des combats de coq
A nos gens...







Etre Sauvé

Quand on a dit à son sujet qu'il était "sauvé..."
Il venait d'avoir un enfant.

Son voisin avec qui il était en mauvais terme
Est mort en tombant de l'escalier...
Ses voisins ont témoigné contre lui
Il a été jugé et condamné à une peine de prison
Des années après et totalement épuisé
Il est sorti de la prison.

Ses voisins qui avaient témoigné contre lui
Ont dit à son sujet qu'il était "sauvé...".

Après un certain temps
Il n'a pas pu porter le fardeau de la vie.
Il respirait difficilement les chagrins.
Finalement, il a été hospitalisé.
Les médecins et les soignants
A son chevet
Lui ont témoigné pas mal d'intérêt
Pour qu'il puisse supporter
Les crises de l'avenir...
Quand on a dit de lui qu'il était "sauvé..."
Il avait quitté l'hôpital.

La chaîne d'indifférences
Qui l'a poursuivi jusqu'à ses petits enfants,
Aidée par les souffrances,
L'avait plié en deux.
Un jour:
A un moment où il vivait seul
Dans sa maison
Il s'est effondré sur place
Et il y est resté...
Quand on a dit de lui qu'il était "sauvé..."
Il était mort!...







J'ai Ecrit Mes Poèmes avec Mon Coeur

J'ai écrit avec mon coeur
Mes poèmes
J'ai flâné à l'étranger
Avec mes manuscrits...
J'ai tracé mes attentes
Dans mes dessins
Les avalanches de souffrance
M'ont écrasé.

J'ai pris les années
Sur mon dos
J'ai gardé les secrets
Dans ma mémoire
Souvent je n'ai pu terminer
Les voyages...

J'ai été mis indisposé
Par les hypocrites
Devant mes yeux
Les mères ont accouché
De larmes
Les orphelins et les esseulés
Ont distribué des chagrins.

J'ai écrit avec mon coeur
Mes poèmes
J'ai flâné à l'étranger
Avec mes manuscrits...
J'ai tracé mes attentes
Dans mes dessins
Les avalanches de souffrance
M'ont écrasé.







Je ne puis te dire "reste dans une nuit"

Quand tu t'ennuies
Va au bord de la Seine
Sois l'ami des cygnes
Divise un pain en morceaux
Pour ensuite leur jeter!

Ne t'occupe pas des expéditeurs
Des lettres en ton for intérieur
En dansant vers le nord
Contemple les bouteilles
Emportées par les flux…

Ne te mets jamais
À la place d'autrui
Ne sois surtout pas pareil aux autres
Reste comme tu es…
Que l'art contenu en toi se développe
Je ne puis te dire "reste dans une nuit".

Impose ton existence
Comme une rose
Dans la page d'une société
Dans le miroir d'une page
Et au milieu d'un miroir
Je ne puis te dire "reste dans une nuit".

Fais semblant de ne pas voir
Les vents froids qui passent
À côté de toi
Bois le soleil
Chasse tes tristesses
Brûle les chagrins l'un après l'autre…
Je ne puis te dire "reste dans une nuit".

Ne crois guère ce que tu entends
Pèse tout ce que tu vois
Révise tout ce que tu as appris
Ne parle qu'à ceux que tu aimes
De tes sentiments
Je ne puis te dire "reste dans une nuit".







J'étais dans ces pages-là

Sans te faire sentir d'aucune manière
Dans des contrées très éloignées de toi
J'ai élevé des fleurs que tu aimes…
Je sais
Je t'ai laissée en tête à tête
Avec des souvenirs inoubliables…
De temps à autre
Tu t'es sentie mal à l'aise
A cause de mes paroles mal digérées…
Tu es restée sans sommeil…
Pendant des jours successifs
Je t'ai traînée vers les matins sans soleil…
J'étais dans ces pages-là.

Je t'ai blessée avec les chansons touchantes que j'aime
Je t'ai touchée avec mes poèmes
A maintes reprises, je t'ai mouillée entièrement
Avec mes sentiments…
J'étais dans ces pages-là…

Je t'ai souvent promenée
Dans les rues les plus fréquentées
D'Istanbul
Avec tes battements de cœur.
Tu as cru me reconnaître moules fois
Derrière les vitres embuées…
J'étais dans ces pages-là.

Le ciel était différent
Les lumières étaient acidulées
Les avenues étaient sans personne
Les rues étaient sans âme
Le jour où je t'ai perdue
Aux arrêts de bus…
J'étais dans ces pages-là.

Je t'ai fait attendre jusqu'aux matins
Dans les rues d'Istanbul…
Je t'ai fait trembler à pleines secousses dans tes rêves
Lors de tes soupirs j'ai lancé tes ombres
Dans les mers
Dans les pages blanches j'ai écrit que je t'aime…
J'ai fait tes dessins
Sur tous les murs de la ville…
J'étais dans ces pages-là.












The 1st of March

On March 1st
They celebrated the birthday
Of our being wrenched, one from the other.
In that instant waters were cloudy
There were black stains on walls
And anger in eyes...

While waters ran upside down
Certain important documents
Were thrown into drawers.
Overturned cups of coffee
And decks of cards
Had lain for a long while
On books of laws...

Under an artificial roof
Three persons
Playing their roles well
Had made
A display of strength.
During this time
Obstinacy cracked walls
And opened irremediable trenches.

In that place
Where windows and curtains
Had become unusable
Those who wanted to fill wells
With poured water
Had become, in next to no time,
Like well-gripped knots.

On March 1st
They celebrated the birthday
Of our being wrenched, one from the other.







The 55 Year Old Man

The 55-year-old man
Likes to croon
Songs
That he knows, or not…

Many people
Gather around him
And listen,
Mouths gaping…

They drank teas,
They ate cakes,
One made a hole in saucepans…
That's how days
Pass there…

Some people forgot
To sort the rice…
Others put children to sleep…
In the kitchen
Windows blackened
And leaves turned yellow
In the garden…

While the 55-year-old man
Cries
For his dead mother,
One of them
Takes her place by saying
"Oh! My baby oh! My baby…"

The 55-year-old man
Continued
During his years
To croon songs…

During this time
Many people got old…
As for him,
He stayed 55…







Do Not Hide Your Nostalgia, My Darling

We've gotten used to everything, you know
We shall get used to separation too;
While you considered darkness in the distance
I was in the middle of seas
My hopes stretched out on spaces…

Hide your nostalgia, my darling
It is not so easy to wait
These obscurities will not impact us
As much as our hopes cut us
Knife by knife…







Mama

You internalized troubles.
You lost your eyes
But you did not lose
Your love mama …

Your words have touched me,
Such a rose.
Abroad
You are inside through memories,
Within me mama …

Nights narrate seasons
And seasons narrate
Grief.
I want to forget
For an instant these painful moments.
I pray you forget them too mama …

Especially do not say to me
That it is hardly possible.
Carry beautiful hopes
Like your love.
Forget the black clouds forever,
Forget mama …







He Was a Teacher

Impossible to hide truths In honest hearts...
He was a teacher,
A good friend,
A good companion.

He spoke heart-to-heart,
He spoke warmly.
His heart did not resist
Unneeded pressure...

It was easy
To not understand people...
His dictionary did not contain
Closing eyes
Blocked ears
And speaking behind the backs
Of one and another,

Of one behind another,
Another behind that one...
Some people did not understand him;
However
It is impossible to hide truths
In honest hearts...

Voices of friends
Lighten our hearts.
Such a light...
He was a teacher,
A good friend,
A good companion.







What is the link between troubles?

What is the link between troubles
With the vase, the jar and
Idols within us?

What is the link between troubles,
Windows which do not open,
Padlocked doors,
Lost years?

What is the link between troubles,
Mothers and fathers
Who suffer in silence,
Children without anyone?

What is the link between troubles
With the vase, the jar and
Idols within us?







Agha

The urban agha*
does not want to understand us
Just listen to the agha!

Beef is made tired
Cows do not give milk
The wheels of the cart
are on horseback
and they're broken
The agha does not give feed
to the horses…

Temperance is verily a suppressed measure
Humans do not love their own
The young do not defer to their elders

Cheek to cheek is live with obsession
and immorality
The agha does not know
who is innocent, who a victim…

At the end of his language
there is humanistic song
but…
the agha has no consideration
for human beings…


*In the Ottoman Empire, commanders of the
different branches of military service
were called aghas.







Vertical and Horizontal

The most important matter,
according to you,
is Cephalopoda;
or the fact that the onion
has a tearing effect?

Poor fools,
amateurs of colour,
unfortunately ignore
that white
is not a colour…

Girls of joy
and silent machines
are wisps of the
masters of rumour…

Selfish, reptilian men,
fools searching to reign
in the pockets of others,
toadies pouring forth evil;
in the goodness they make
one cannot find them…

The most important matter,
according to you,
is Cephalopoda;
or the fact that the onion
has a tearing effect?







When they speak of Mantes, the City

When they speak
of Mantes, the City
best regards
and beauties
come to mind

I forget
my tiredness
among my dreams
The sun is born in another way
on my feelings

Landscapes
never get old in my vision,
my future
somehow becomes clearer,
I erase
my doubts

I look into the eyes of time
full of feeling,
I see a date
in the sky,
old children...

The sadness of polluted air
does not enter
through open windows,
the clarity of homes
becomes a picture

Birds have their nests
in hearts...

When they speak
of Mantes, the City
best regards
and beauties
come to mind







Yakup Yurt

Human love is planted
In your heart...
The wind,
The tempest,
Thunder
Do not shake you...

You are even able
To differentiate good
Among the poor
And poor
Among the good...
You are the translator
Of realities...

In relationships
Confused and raveled
You are able to grab
In time
The ends of weaknesses
With your heart
Without difficulty...

In the night
By dreaming about men
That remain nailed
To the darkness of day,
You connect realities
With an appropriate approach
And refined words...
You are the translator
Of beauties.







Since you are free, my child

Since you are free my child
then say
that your father buys horses...

then speak
of the tick on his back,
of the holes in his pocket

then say
that waters do not run,
that some regard you highly

Since you are free my child
tell now
how history repeats itself;
how is all that one has in hand
stolen away?

Since you are free my child
then say
that your father buys horses...







Go Now...Come Back Later

Do not stay in front of my troubles
and rattle my private feelings
Hereafter, do not touch my ideas
Do not revive my memories
Leave me to myself
Go now...
come back later!

I depend on my loneliness...
I do not let other people trample
my love so easily
Leave me to myself
Go now...
come back later!

I am accustomed to the sky's irony
It is of no importance
that I am discovered in my sleep...
I climb my trees by myself
I water my flowers myself
Leave me to myself
Go now...
come back later!

Do not stay in front of my troubles
and rattle my private feelings
Hereafter, do not touch my ideas
Do not revive my memories
Leave me to myself
Go now...
come back later!







Abysses

The blue of the sky has fallen on your edges
Sleep becomes the ladder of your walls
Empty voices are suspended
in your heart

This lays a hand on the abysses
This withdraws your impotence
from the farthest reach of your eyes

Drops
Scatter in the spring sky
as heights descend
and looks change colours

He hears his türkü*
from the lips of women
He leaves without taking
the softest smells of perfumes

Fingers wander in his mézés**
while the bodies of naked women light up
He cannot stand up
in abysses dug by stars...


*Türkü refers to Anatolian popular song,
in contrast with Turkish classical music.

**Mézé are cocktail snacks put out to
accompany alcoholic drinks during feasts.






It was a time they made cock fights with our people

It was a time
they made cock fights
with our people
while shadows
were visiting Ankara...
Our people
sang their laments
in Anatolie...

Poems were written
about artificial solar eclipses
and buildings
were transformed into prisons...
The audiences were on stages
and the actors in rooms
trading punches...

In places where they do not hear
the singing of birds
there was howling
chafing ears...

It was a time
they made cock fights
with our people







To Be Saved

When they said he had been "saved"
they meant a child had just been born.

His neighbour with whom he was on poor terms
had fallen down a staircase and died.
His neighbours testified against him.
He was judged and condemned to prison.
Years afterwards, completely exhausted
he was let out.

His neighbours who had testified against him
said on the subject that he had been "saved".

After awhile
he could not carry life's burdens
and breathed his griefs with difficulty.
Finally, he was hospitalized.
He showed interest
to the doctors and nurses
at his bedside
so that he could deal with
future crises.
When they said that he had been "saved"
he left the hospital.

The chain of indifference
followed through to his small children,
who received aid because of the suffering;
the home folded in two.

One day
at the instant he was living alone
his house collapsed and he fell where he had stood.
When they said that he had been "saved"
he had died.







I wrote my poems with my heart

I wrote my poems
with my heart,
strolled abroad
with my manuscripts,
drew my expectations
into my drawings
The avalanche of suffering
crushes me

I put years
on my back,
stored secrets
in my memory
Often I could not end
journeys...

I was annoyed
by the hypocritical
before my eyes
The mothers gave birth
to tears
The orphans and the forlorn
distributed grief

I wrote my poems
with my heart,
strolled abroad
with my manuscripts,
drew my expectations
into my drawings
The avalanche of suffering
crushes me







I cannot say to you, 'rest in the night'

When you get bored
Go to the edge of the Seine
Be the friend of swans
Divide some bread into pieces
To throw to them!

Don't be in charge of shippers
Letters remain in consciousness
By dancing northward
Consider bottles
Carried away by fluxes...

Never present yourself
Instead of others
Don't conform to others either
Rest as you are...
The art that is contained in you develops
I cannot say to you 'rest in the night'.

Impose your existence
Like a rose
On the pages of society
In the mirror of a page
And in the middle of a mirror
I cannot say to you 'rest in the night'.

Pretend not to see
The cold winds which pass
Near to you
Drink the sun
Dispel your sadness
Burn griefs one after another...
I cannot say to you " rest in the night ".

Hardly believe what you hear
Weigh all that you see
Review all that you learn
Speak of your feelings
only to those you like
I cannot say to you 'rest in the night'.







I was in these pages

Without making you feel anything
In lands very distant from you
I raised flowers which you like
I know
I left you by yourself
With unforgettable memories...

Every so often
You felt uneasy
Because of my badly digested words
You stayed sleepless...
During successive days
I dragged you towards mornings without a sun
I was in these pages.

I hurt you with touching songs which I liked
I touched you with my poems
Again and again, I drenched you
With my feelings...
I was in these pages.

I often took you for walks
On the most populated streets
Of Istanbul
With your heart beating
Your beliefs and acknowledgments moulded time
Behind blurred window panes...
I was in these pages.

The sky was different
Light was acid
Avenues were without people
Streets were without soul
When I lost you
In the stopping of a bus...
I was in these pages.

I made you wait until mornings
On the streets of Istanbul
I made you tremble in full jolts while you dreamed
During your sighs I threw your shades
Into seas
On blank pages I wrote that I love you...
I made your drawings
On all the walls of the city...
I was in these pages.





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