From many places, speaking truth
and making magic happen. Celebrating language.

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UZEYIR LOKMAN CAYCI - Page 3

Je suis encore sur le passé
I am still hovering over the past
Tu N’As Pas Encore Connu Le Bleu, Mon Fils
You Have Not Known Blue Yet, My Son
La Révolte
The Revolt
La Mer Mauve
The Mauve Sea
Ils Ont Fait Leurs Premiers Pas Dans Mon Coeur
They Have Taken Their First Steps in My Heart
La Vallée des Coupables
The Valley of the Culprits
Les Enfants de Minuit
The Children of Midnight
De Quelle Espece Humaine Es-Tu?
What Species of Humanity Are You?
Au Fur et à Mesure Qu'On Frole Les Printemps
Moving Along, One Brushes Against Spring
Là-bas
Over there
Le Triangle de L'Existence
The Triangle of Existence
Je Veux Connaître Les Gens
I Want to Know People
C'Est L'Epoque des Concombres
It Is The Age of Cucumbers
J'étais petit, tout petit
I was small, only small
Une Bru A La Table De La Terre
A Daughter-in-Law at Earth's Table
Mais...Comment?
But...How?
Le Soleil N'A Cesse De Naître Pointu
The Sun Does Not Stop Precisely Rising
Aimez Vous Les Uns Les Autres Les Enfants
Love Both of the Children
Traduit par Yakup Yurt . English translations by Joneve McCormick

Poèmes-Page 4 . Poèmes-Page 5 . Poèmes-Page 1 . Poèmes-Page 2









Je suis encore sur le passé

Puisque je suis là
J'ai eu envie «de te voir à distance»

Je ne suis pas à des endroits différents
Je suis encore sur le passé

Les moments que j'ai passés avec toi
Sont toujours devant mes yeux...
Au boulevard des souvenirs
Les chansons de séparation me font vibrer
Je suis trop sensible aux poèmes d'amour
A force de m'approcher je m'éloigne de toi.

Je ne suis pas à des endroits différents
Je suis encore sur le passé

Les rues sont désertes
Les couleurs semblent autres …
Je me perds dans la quiétude de la mer
Les sentiments qui te contiennent ne me laissent pas seul.

Je ne suis pas à des endroits différents
Je suis encore sur le passé

Puisque je suis là
J'ai eu envie «de te voir à distance»
Il pleut encore en mon for intérieur
Mes regards tombent dans le vide
J'ai froid dans mes rêves.

Je ne suis pas à des endroits différents
Je suis encore sur le passé.







Tu N’As Pas Encore Connu Le Bleu, Mon Fils

Tu n’as pas encore connu le bleu
Mon fils...
Si tu l’avais connu
Tu n’entacherais pas le ciel
Tu ne salirais pas la mer...

Et encore… et encore...
Tu ne ferais pas tomber
De si jeunes oiseaux
En leur brisant les ailes.

Tu n’as pas encore connu le bleu
Mon fils...
Si tu l’avais connu
Tu verrais les mains tendues vers le ciel,
Et tu n’éteindrais pas la lumière...

Tu n’as pas encore connu le bleu
Mon fils...







La Révolte

Les chansons me donnent le vertige
Mes nuits contiennent une révolte...

J’ai le vertige
À force de penser aux gens amis
Qui font obstacle devant mes portes d’espoir...

Sans la révolte de mon cœur
Le bleu du ciel
Les soubresauts de la mer
M’emmènent là-bas
Impitoyablement…
Les soupirs ne savent pas
La révolte
De mes chansons secrètes.

Qu’ils n’oublient pas pourtant
Qu’ils ne pourront pas m’arracher à toi
Qu’ils ne pourront pas t’emporter loin
Car cette révolte
N’arrête pas de croître…qu’ils n’oublient pas.







La Mer Mauve


De toute ta vie tu n’as jamais vu

La mer mauve

Comme s’il a soif de mourir

Sur elle

Un oiseau piétine les flammes…

Je n’ai pas vu non plus

A ce point

La résurgence du matin

Sur la mer mauve…


Comme si des milliers d’ espoirs

Vibraient sur elle

Mes yeux… disparaissent

Dans les appels du lendemain…


Un sursaut me secoue le matin

Avec les pleurs en face à face

Elle se repose

Et s’étend avec tous mes chagrins

Devant mes yeux…

La mer mauve…







Ils Ont Fait Leurs Premiers Pas Dans Mon Coeur

La première douleur s'est emparée de mes poignets
Dans mon for intérieur
Mes enfants si mignons
Ont fait leurs premiers pas dans mon cœur.

La pluie s'égoutte sur les fenêtres
Il y en a qui viennent
De loin
Avec des menottes aux mains
A je ne sais quantième année de l'humanité…

Les étoiles brillent
Grâce aux gouttes tombant des arbres
La lune tend un piège à mon pessimisme
Pour une nuit…

La première douleur s'est emparée de mes poignets
Dans mon for intérieur
Mes enfants si mignons
Ont fait leurs premiers pas dans mon cœur.







La Vallée des Coupables

Dans la vallée des coupables
Sois patient
Reste planté sur tes jambes
Pour être frappé
Par les arrivants et les partants…
Ne regarde jamais derrière toi
Que chacun voie
La coiffure de ta nuque.

Dans la vallée des coupables
Pendant que les insultes fusent
Ne dis rien surtout
Fais comme le rossignol qui a mangé une mûre
Alors que l'humain se déprécie
La chereté du bout de ton nez
Ne doit pas avoir d'impact sur ton esprit.

Sache que c'est ta langue qui brûlé si tu manges piquant
Et c'est ton cœur qui brûle si tu parles amèrement.
Avant tout
Oublie ta mère…et ton père.
Pas nécessaire de t'inquiéter de leur sort
Qu'ils soient affaiblis physiquement
Ou qu'ils traînent par terre
Ne dis rien
Laisse tomber…
Laisse tes efforts s'effondrer
Laisse le mât se renverser…

Continue ton chemin mine de rien
Si tu vois un ami tombé…
Surtout pas de sentiment
Pas de pitié
Et si tu as envie donne-lui un autre coup de pied…
Sais-tu que personne ne pense à toi en ce moment?
Si tu croises un gros dindon sur ton chemin
Egorge-le sans rien dire à personne et mange-le!
Pas de panique, reste tranquille
Reste assis là où tu es bien caché!
De toute façon
Tu es dans la vallée des coupables.

Tu seras mal vu si tu travailles beaucoup
Tu seras chassé si tu dis la vérité
Tu seras écrasé
Si tu pars sur les chemins de l'amour
Tu seras battu de diverses manières
Si tu résistes à la tyrannie
Tu sais
Que ce ne sont pas là des choses à négliger…
De toute façon
Tu es dans la vallée des coupables
Sois impitoyable!
Tu sais qu'on parle de l'intégration à sens unique
Qu'au moins ta carte d'identité soit comme la leur.
On te le demande avec insistance.

Si malgré tout tu n'aimes pas
Tout ce que je viens de dire
Fais ce que tu veux, agis selon tes envies
Tant par la force que par faits accomplis
Sait-on jamais
Peut-être seras-tu accepté!







Les Enfants de Minuit

Un souvenir de guerre silencieux en eux
Une fatigue dans leurs genoux
Les enfants de minuit
S’agenouillent devant le soleil...

Celle-ci est une
Des milliers de douleurs
Couvrant leurs yeux...
Comme s’ils avaient soif du clair
De la lune comme une goutte

Ressemblant au ciel
Les enfants de minuit
Marchent dans le noir...
La tombée de la nuit

Ne peut laisser les sensibles indifférents
Je ne sais après combien d’années
Je les revois
Et ils pleurent encore
Les enfants de minuit...







De Quelle Espece Humaine Es-Tu?

Mais de quelle espèce humaine es-tu donc
Tu ne t'inquiètes absolument pas pas de nous.

Selon mes ouï-dire
Tu aurais mis la main sur les quelques petits sous
Déposés par ma mère sur le compte commun
Ouvert auprès d'une banque.
Je sais que depuis son existence Istanbul en a changé d'autres.
Celles qui y sont allées avec des chaussures usées à leurs pieds
En sont revenues avec des souliers à hauts talons.
Continue encore à brosser les rues d'Istanbul par ta jupe.
Les miroirs ne montrent pas le passé de toute façon.

Eh, oui tu se oublié si vite
Les rues poussiéreuses de la sous-préfecture de ton enfance.
La ruse est ta devise en vigueur
Je te connais
Tu as roulé tes trois frères et soeurs
A maintes reprises.
Mais ma fille n'y a-t-il eu personne pour te tirer les cheveux
En te demandant ce que tu cherches aux Amériques ou en Europe?
Tu as encore inventé un mensonge
Pour remplir tes poches avec de l'argent.

Mais de quelle espèce humaine es-tu donc
Tu ne t'inquiètes absolument pas de nous.







Au Fur et à Mesure Qu'On Frole Les Printemps

L’un est nu dans le noir, l’autre fatigué en pleine nuit...
Le père du père d’un autre ressemblait au fils de son fils.
D’abord il cassait la cruche, ensuite il pleurait.
Au fur et à mesure que le meunier moulait le temps,
le blé devenait farine et la farine devenait pain.

Le vent était dans la fenêtre entr’ouverte tel un chant d’oiseau.
Malgré les couleurs choisies, tout était entièrement noir…
on ne distinguait pas les printemps. Tout emportés,
les yeux de chat filaient dans les rues de Paris.
A des lieux lointains, les escaliers permettaient
aux gens à cheveux blancs de monter plus haut…

Plus près, les escaliers descendaient en profondeur les versants déchirés.
Les visages des gens étaient usés de froid…
Ils savaient d’avance que «les ombres n’ont jamais honte…»
Demain les clartés seront encore touchées en plein cœur!
Les cries se répandront partout…
Les chagrins empêcheront de voir les roses…
Les murs de peur seront dressés devant les fenêtres…
Les portes s’ouvriront péniblement…
Le ciel tout cristallin non partagé
et les mouettes caressant les mers
tomberont en images sur les pieds.

L’un est nu dans le noir, l’autre fatigué en pleine nuit…
Le père du père d’un autre ressemblait au fils de son fils.
D’abord il cassait la cruche, ensuite il pleurait.
Au fur et à mesure que le meunier moulait le temps,
le blé devenait farine et la farine devenait pain.

Le vent était dans la fenêtre entr’ouverte tel un chant d’oiseau.
Malgré les couleurs choisies, tout était entièrement noir…
on ne distinguait pas les printemps.
Demain les clartés seront encore touchées en plein cœur!
Les cris se répandront partout…
Les chagrins empêcheront de voir les roses…







Là-bas

Emmène-moi là-bas
Dès que la flamme en moi sera éteinte
Là-bas est un au-delà inhabité
Infiniment aveugle…

Là-bas l'absence de la mer est ombrée
Et on n'en voit pas la clarté…

Je n'attends pas la levée du soleil
J'ouvre la fenêtre
Et je crie et je dis:
'Celui que vous cherchez n'est pas ici,
Il a attendu, attendu et il est parti'.

Emmène-moi là-bas
Dès que la flamme en moi sera éteinte.







Le Triangle de L’Existence

Moi et eux
Sommes aux coins
Du triangle de l’existence…
Je suis le plus pauvre
Tout nu…
J’ai pénétré parmi eux
En marchant sur les souffrances.

Les papillons
Se sont amassés autour de moi…
Pour me faire grandir
En se posant sur mes roses…

A ces moments-là
J’ai respiré profondément
En regardant les larmes
Coulant des yeux de l’avenir.

Ils m’ont donné le nom de «nostalgie»
En extirpant de mon essence
Les pensées couleur violette
Pour qu’elles ressemblent à la rose.

Ils ont porté à leur bonheur
Mes petits pas
Mais cela n’a pas suffi
Ils ont été mouillés par mes regards
En tendant leurs lèvres
Vers mes joues.

Ils ont ajouté leurs insomnies
Pour mes faire dire «oh…parents»
En construisant des ponts
Dans leurs cœurs…

Moi et eux
Sommes aux coins
Du triangle de l’existence…
Je suis le plus pauvre
Tout nu…
J’ai pénétré parmi eux
En marchant sur les souffrances.







Je Veux Connaître Les Gens

Emmène-moi là-bas avec tes mains
Au moment où les peines familières
Gazouillent
Dans ces rues désertes
Je veux connaître les gens.

Avant que l’obscurité ne couvre
Et la fumée n’entoure
Mes yeux
Je veux connaître les gens.

Les gens d’une ville oubliée
Sont sur le point d’être enterrés
Dans les ténèbres
Ne reste pas là
Réveille les étoiles…

Emmène-moi là-bas avec tes mains
Je veux connaître les gens.







C'est L'Epoque des Concombres

Je l’ai toujours dit:
«Une porte que quatre personne n’ont pu ouvrir…
Un chien l’ouvre
Avec le bout de son nez
Et s’en va…»
Personne
Ne s’en étonne…
C’est l’époque des concombres…

La machine
Lave le linge,
L’homme ne trouve pas le temps
De se laver…
Dans certaines têtes chauves
Se trouve tout
Hormis les poils
Mais
Il n’y a pas d’humanité…

Dans les châteaux
Les vers à bois,
Et non les sultans,
Vivent comme des rois
Personne
Ne s’en étonne…
C’est l’époque des concombres…







J’était petit, tout petit

J’étais petit
Tout petit
On a planté une rose dans ma main
Que j’ai cultivée dans mon cœur…

Maman m’a apporté de l’amour
Que mes regards
Ont transmis
A mon père.

Dans les écoles
J’ai eu des copains de classe
Et aussi des enseignants…
Qui m’ont permis d’apprendre
A lire, à écrire et à apprendre
Avant d’accéder à l’information.

J’ai aimé les oiseaux
Je me suis entendu avec les fleurs…
J’étais un bon ami
Des crayons et des livres…

J’ai souvent dessiné
Mon milieu de vie…
J’ai été un défenseur actif
De l’équilibre écologique.

J’étais petit
Tout petit
On a planté une rose dans ma main
Que j’ai cultivée dans mon cœur…







Une Bru à la Table de la Terre

Quatre saisons écloses
Fleur par fleur dans son cœur
Les regards de la bru s’accrochent
Aux espoirs bleus…

Un rejeton vivant dans ses bras
Après de longues années
Les regards de la bru équivalent
A ses espoirs…

A la table de la terre
Elle vient vers moi
A travers les gens sans jour
Les mains de la bru
S’agrippent à mes mains…

La bru à la table de la terre
Son cœur est en émoi
Ses regards s’épuisent
Dans ses yeux pleins d’espoirs blancs…







Mais...Comment?

Un espoir
A été mis dans la boite
Avec une petite note disant
«Ton téléphone ne répond pas
J’en suis vraiment désolé»
On a fermé
On l’a emballée,
On l’a ficelée
Avec une ficelle de couleur…
Dessus on a écrit l’adresse
Et on est allé au bureau de poste…
Pesée,
Timbrée,
Payée…
Et on est rentré à la maison.
La fiction de joie
A duré toute une semaine
En larmes…
Ensuite on est allé à nouveau
Au bureau de poste
Muni de la carte portée
Par le facteur.
La boîte envoyée était revenue
Avec la mention:
«Le nom mentionné,
Non trouvé à l’adresse…»

Après maintes recherches
Il a appris
Que sa bien-aimée était partie loin,
Très loin
Pour ne jamais revenir…

Il était resté en tête avec la boîte
Préparée,
Ficelée,
Emballée,
Postée avec ses mains
Et qui était de retour
Avec une adresse dessus…

La vie pour lui
Allait prendre forme
A un autre tournant
Mais…Comment?…







Le Soleil N'A Cesse De Naître Pointu

Les alentours de l'amitié
N'ont pas encore été éclairés…
Le soleil n'a cessé de naître pointu
Sur les erreurs.
Les écrits n'ont pas changé
La dureté
De l'insensibilité…

Les provocations ont été primées,
On a été les spectateurs des faits
Comme d'un torero…
Les chansons de paix
N'ont pas été entendues
Un pas plus loin.

Les douleurs
Etaient d'une profondeur
Insaisissable…
L'époque a été imprimée
Sur des pages tout noires
Et dans des cellules ensanglantées…
Des zizanies ont été semées
Parmi les pauvres
Comme méthodes innocentes…

Les imbécillités
Avaient de gros pieds…
Les souffrances étaient à endurer
A cause de la famine humaine.
Les peintures,
Les discours
Et les formes
N'étaient pas pour être compris…
Malgré les douleurs
Et les cris
Débordant des pancartes…







Aimez Vous Les Uns Les Autres Les Enfants

Aujourd’hui comme hier
Le temps passe vite
De toute manière
Pensez aux lendemains...
Que les douleurs ne pénètrent, votre monde,
Travaillez, efforçez-vous
Pour devenir des hommes...

Que les incertitudes
Ne vous emportent pas
A leur suite...
Aimez
Votre maître d’école
Qui vous indique le chemin...
Comme votre mère,
Comme votre père...

Que l’amitié soit règle de vie
Et l’amour mot de passe
Aimez-vous
Les uns les autres
Les enfants.












I am still hovering over the past

Since I am there
I wanted «to see you remote»

I am not in other, different places
I am still hovering over the past

The moments in which we crossed paths
Are always in front of my eyes...
On the boulevard of memories
The songs of separation make me vibrate
I am hypersensitive to poems of love
By approaching myself I move from you

I am not in other, different places
I am still hovering over the past

Streets are uninhabited
Colours seem inaccurate …
I get lost in the calmness of the sea
The feelings that contain you do not leave me alone

I am not in other, different places
I am still hovering over the past

Since I am there
I wanted «to see you remote»
It is still raining within me for
My looks fall in space
I am cold in my dreams

I am not in other, different places
I am still hovering over the past







You Have Not Known Blue Yet, My Son

You have not known blue yet
My son...
If you had known it
You would not taint the sky
You would not muck up the sea...

And still...and still...
You would not make
Such young birds fall
By breaking their wings.

You have not known blue yet
My son...
If you had known it
You would see tense hands towards the sky,
And you would not switch off the light...

You have not known blue yet
My son...







The Revolt

Songs make me giddy
My nights hold an uprising...

I feel dizzy
thinking of friendly people
who stand in the way
before the doors of my hope

Without the uprising of my heart
the blue of the sky
the starts of the sea
take me there
relentlessly...

Sighs do not know
the revolt
of my secret songs

That they not forget, though
so they cannot tear me away from you
so they cannot take you far away...
for this uprising
do not stop growing...
so they do not forget







The Mauve Sea


In all your life you have never seen

the mauve sea...

As though thirsty to die

on her

a bird tramples fire


I did not see either

at the point

of resurgence of morning

on the mauve sea


As though thousands of hopes

vibrate on her

my eyes disappear

into the calls of the next day


A start shakes me in the morning

with tears, facing, opposite

It rests

and stretches with all my grief

before my eyes...

The mauve sea







They Have Taken Their First Steps in My Heart

The pain first took hold of my wrists
In the heart within my heart
My sweet children
Took their first steps.

Rain drips on the windows
There is that which comes
From far away
With hands in handcuffs
I do not know the day or year of humanity...

Stars shine
Thanks to drops falling from trees
The moon springs tight a trap on my pessimism
For a night…

The pain first took hold of my wrists
In the heart within my heart
My sweet children
Took their first steps.







The Valley of the Culprits

In the valley of the culprits
be patient.
Remain planted on your legs
to be struck
by the newcomers and, leaving them,
never look behind you,
so that each one can see
the hairstyle on the nape of your neck.

In the valley of the culprits
while insults fuse together
do not say anything, especially
make like the nightingale which ate a blackberry
while the human one is depreciating.
The bump at the end of your nose
must not have an impact on your spirit.

Know that your language burns if you eat while pricking
and your backyard burns if you speak bitterly.
Above all
forget your mother, and your father.
It is not necessary to worry about their fate
or that they are weakened physically
or drag themselves along.
Do not say anything.
Drop...
Let your efforts break down.
Let the mast be reversed...

Carry on your way simpering.
If you see a fallen friend
above all have no feeling
no pity
and if you have envy, give him another kick.
Do you know that nobody is thinking of you at this moment?
If you come across a large turkey
cut its throat without saying anything to anybody
and eat it!
Have no panic, remain still
where you are well hidden!
In any event
You are in the valley of the culprits.

You will be viewed badly if you work much.
You will be driven out if you speak the truth.
You will be crushed
if you go the way of love.
You will be beaten in various ways
if you resist tyranny.
You know
that there are things not to be neglected.
In any event
you are in the valley of the culprits.
Be pitiless!
You know that integration is spoken about uniquely,
that at least your indentity card is like theirs.
One demands it from you insistently.

If in spite of all you do not like
all that I have just said
you do what you want, act according to your desires
as well as your accomplishments
one never knows,
perhaps you will be accepted!







The Children of Midnight

Memory of war is silenced in them
and there is a tiredness in their knees,
the children of midnight kneel before the sun...

this only one
of the many thousand sorrows
covering their eyes
as if they were thirsty for a drop
of the moon's light

The children of midnight
walk fallen in the dark,
resembling the sky

I cannot leave these sensitive, indifferent ones
I still do not know...after how many years?
I re-examine them
and they still cry,
these children of midnight







What Species of Humanity Are You?

What species of humanity are you?
Whatever kind you are, you don't worry us.

According to hearsay
you were willing to lay your hands
on small items
deposited by my mother
to the communal account,
close to a bank.
I know that since its existence
Istanbul has changed others.
Some who have gone there wearing worn down shoes
have returned in high heels.
You continue to brush its streets with your skirt.
Mirrors do not show what really happens.

Ah, yes, you forget so quickly
the dusty streets of the sub-prefecture
of your childhood.
This ruse is your currency of the moment.
I know you.
You have swindled your brothers and sisters
with many recoveries.
My daughter, is there nobody to take you by the hair
and demand that you seek out America or Europe?
You have invented a lie to fill your pockets with money.

What species of humanity are you?
Whatever kind you are, you don't worry us.







Moving Along, One Brushes Against Spring

The one is naked in the dark,
the other exhausted in the fullness of night...
the father of the father of one resembles the son of his son.
First he broke the jug, then he mourned.
As things move along, the miller shapes the weather,
the wheat becomes flour, and the flour becomes bread.

The wind was in a window, open to the song of a bird.
In spite of the colors chosen, all was black...
It is not clear it is spring.

Carried away, the eyes of a cat
spin in the streets of Paris.
In faraway places, stairs allow
those with white hair to climb highest...
nearby, the stairs descend into the depths,
their sides torn up.
People with faces worn out from the cold
knew in advance that "the shadows are never honest."

Tomorrow, a full heart will diminish clarity.
Cries will spill and spread everywhere,
sorrows will obscure the roses.
Walls of fear will rise up in front of windows
and doors will open with difficulty.
Crystal clear sky will not be shared
and gulls caressing the seas will fall
on images, on feet.

The one is naked in the dark,
the other exhausted in the fullness of night...
the father of the father of one resembles the son of his son.
First he broke the jug, then he mourned.
As things move along, the miller shapes the weather,
the wheat becomes flour, and the flour becomes bread.

The wind was in a window, open to the song of a bird.
In spite of the colors chosen, all was black...
It is not clear it is spring.

Tomorrow, a full heart will diminish clarity.
Cries will spill and spread everywhere,
sorrows will obscure the roses.






Over there

Take me over there
As soon as the flame in me is put out
There one is past deserted
Immensely blind …

There the missing sea is in darkness
And no clarity from it is seen …

I do not wait for the rising of the sun
I open the window
And I shout and say:
"The one that you search for is not here,
He waited, waited, and he left".

Take me over there
As soon as the flame in me is put out.







The Triangle of Existence

I and they
are at the corners
of the triangle of existence...
I am the poorest,
completely naked.
I have come among them
walking on sufferings.

Butterflies
amass around me
to make me grow
while posing on my roses...

at such moments
I breathe most deeply
watching tears fall
from the eyes of the future.

They call me nostalgic
when I uproot thoughts in violet
that resemble those of the rose.

My small footprints
have brought good fortune
but are not enough
and are wet from my glances
which strain their lips
toward my cheeks.

They have added to their insomnia
to make my own say, "oh...parents,"
building bridges
in their hearts.

I and they
are at the corners
of the triangle of existence...
I am the poorest,
completely naked.
I have come among them
walking on sufferings.







I Want to Know People

Take me there,
guide me with your hands
to the moment when familiar sorrows
babble
in deserted streets.
I want to know people.

Before shadows cover,
and smoke surrounds my eyes,
I want to know people.

People of a forgotten city
are about to be buried
in darkness.
Do not remain there!
Wake up the stars...

Take me there,
guide me with your hands,
I want to know people.







It Is The Age of Cucumbers

I've always said:
"A door that four people cannot open
a dog opens with the end
of its nose
and goes on its way..."
No one is surprised though.
It is the age of cucumbers.

A machine washes the linen,
a man does not find time
to wash himself.
In certain bald heads
there is everything but hair,
and humanity.

In the castles
are wood worms,
not sultans,
living like kings...
No one is surprised though.
It is the age of cucumbers.







I was small, only small

I was small
only small,
I held a rose in my hand
that I had cultivated in my heart.

My mother gave me love
which I sent to my father
with my glances.

In school I had first rate companions
and teachers who allowed me
to learn to read and write,
and to understand
before giving out information.

I loved birds
and listened to the flowers,
I was a good friend
of pencils and books.

I often designed my life
in balance.
I was a defender
of ecological equilibrium.

I was small
only small,
I held a rose in my hand
that I had cultivated in my heart.







A Daughter-in-Law at Earth's Table

Four seasons open
flower by flower
in her heart.
The daughter-in-law's glances
are hitched to blue hopes

An offspring lies in her arms.
After long years, her glances
are equivalent to her hopes

She comes towards me
through dull people;
the hands of the daughter-in-law
take hold of mine
at earth's table

Her heart is stirred,
her glances tired,
her eyes full of white hopes







But...How?

His hope
has been put into a box
with a small note, saying
"You did not answer your phone,
I am very disappointed."
He closes,
wraps,
ties the box
with colored string.
On top, he writes the address
and carries the box to the postoffice
where it is weighed,
stamped,
paid for.

The sender returns home,
his fist full of joy
all week.
Then, in tears
he returns to the post office
with the postman's receipt.
The box did go out
and it has come back
with the notation:
"The addressee
is not at this address."

After persistently searching
he learns
that his good friend has gone
far away,
very far away,
never to return.

The box remains ready
in his mind,
wrapped,
tied,
prepared with his hands...
it was returned
with an address on top.

Life for him
is at a turning point.
But...how?







The Sun Does Not Stop Precisely Rising

The light has not yet been lit
on the ambiance of friendship.
The sun at its appointed hour
does not stop rising
on errors.
Writings have not transformed
the harshness of insensibility.

Provocations have been delivered
and, like a bull fighter,
one has been the spectator...
The songs of peace
have not been taken
one step further.

The sorrows
were profound
and elusive,
the period stamped
on black pages
and into bloody cells.
Presenting themselves
as innocent methods,
they stirred up feelings
among the poor.

Imbeciles
have big feet.
Suffering caused by famine
was to be endured.
Paintings,
the written word,
designs
were not to be understood
in spite of the suffering
and cries
dismantling the signs.







Love Both of the Children

Time passes quickly
in many ways today
like yesterday.
Think of days to follow
so that sorrow
does not invade your world.
Work, try hard
to develop before men.

So that doubts
do not carry you off,
love the teacher
who showed you the way...
as your mother did,
and your brother.

So that friendship rules
your life, and you have
love's password,
love both of the children.





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