From many places, speaking truth
and making magic happen. Celebrating language.

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UZEYIR LOKMAN CAYCI - Page 4

Changement
Change
Etes-Vous Prêts Les Enfants?
Are You Ready Children?
Des Deux Ton Oncle N'en à Aime Aucun
Of two, your uncle doesn't like either
Sur Les Vestiges D'Hier
On the Remains of Yesterday
Troisième Obscurité
Third Darkness
Demain Le Soleil Naître Pour Nous
Tomorrow the Sun Is Born for Us
Le Chasseur Devenu Guide pour Oiseaux
The Hunter Has Become a Guide for the Birds
L'Arrêt des Soirs
The Arrest of Evenings
Un Monde Plein a Craquer
A Big World to Crack
On Ne Lui A Pas Encore Donne Un Nom
Still Without A Name
N'Oublie Pas
Do Not Forget
Mon Jugement
My Judgement
Danses Martiales
Martial Dances
Devant Les Yeux de Tous
Before the Eyes of All
Ce Qui S’Ecrit Par La Guerre Dans Le Noir
What Is Written in the Dark by War
Avec Moïse Marce
The Cradle's Dregs
Le Miroir
Looking at Oneself in the Mirror
Les Nuits sans Toi
Nights without You
Traduit par Yakup Yurt . English translations by Joneve McCormick

Poèmes-Page 5 . Poèmes-Page 1 . Poèmes-Page 2 . Poèmes-Page 3









Changement

Si tu peux pénétrer
Dans leur for intérieur
Sans contaminer autrui
Par leurs sentiments asséchés
A force de tirer avec tes mains
Et sans casser leurs stalactites jaunies
Ni toucher les gouttes de haine
De leurs extrémités
A ce moment-là
Tu changeras.

Si tu peux pénétrer
Dans leur for intérieur
Sans permettre aux pieds
D’écraser leur existence
Sans laisser glisser vers le bas
Leur essence sur la pente
En la mettant bien debout
Par tes regards
A ce moment-là
Tu changeras.

Si tu peux pénétrer
Dans leur for intérieur
En dispersant les confusions
Contenues dans leur cupidité
En étalant devant eux
Leur identité confondante
Sans voyager dans leur passé
Ni t’égarer dans leur incertitude
A ce moment-là
Tu changeras.

Tes sentiments
Sont au dessus du temps
Ne t’inquiète point
De l’incertitude du lendemain
Face aux paysages salis
Pour «leur permettre de se voir»
Renvoie leurs reflets
Sur eux.
Si tu peux pénétrer
Dans leur for intérieur
A ce moment-là
Tu changeras.







Etes-Vous Prêts Les Enfants?


Aujourd’hui je choisirai l’un d’entre vous.

Un enfant sur qui tombe une ombre, coincé entre les lignes…

Une pâquerette nous apportant des souffrances de chez lui…

Silencieux au milieu d’un bleu qui devient gris, un bouton de rose sans personne dans la masse!

Un vivant plein de secrets dont le coeur propage la lumière…

Pendant que le soleil continue à couler dans l’eau, les phares du vide tombent devant lui l’un après l’autre…

Dites si vous avez des problèmes!

Si vous faites partie d’une vie pleine de points noirs, mêlés à la nuit, entourés de couleurs rougeâtres, montrez-vous avec elle.

Je sais que vos gardiens ne se protègent pas.

Malgré les guides de glace sur vos chemins dont les identités d’êtres humains fondent, avez-vous pu déterminer votre destination?

Etes-vous prêts les enfants?

Aujourd’hui je choisirai l’un d’entre vous.

Un enfant sur qui tombe une ombre, coincé entre les lignes…







Des Deux Ton Oncle N'en à Aime Aucun

Par ses attitudes
Ton oncle ressemble à
Une machine à rires aux éclats!

La plupart des gens
Se retiennent
Difficilement
Pour ne pas rire.
D'ailleurs sont-ils en état de rire
Les pauvres?
Les problèmes dépassent leurs moyens…
La cherté mise à part
Leurs enfants sont intenables…
Leurs attentes
Sont à la traine
Du siècle…

Ne trouvant
Nul autre endroit
Il saisit les passants
Par le nez…
Un bâillon à une main,
Une carotte et un oignon
A l'autre…
En fait…
Que veut faire
Ton oncle?







Sur Les Vestiges D'Hier

Une pierre posée par terre
Les cigales qui mendient
Les campagnes d'intérêt
Polluant l'atmosphère…
Et un bol plein de respectabilité…

Des tortues mortes,
Des poissons qui agonisent
Sur les plages…
Face aux affamés
Les accusés
Qui trinquent leur verre…

Des paysages fatigués
Sur les vestiges d'hier…
Les violettes aux corps fouillés,
Les lys fâchés contre le soleil…
Les roses d'été mal aimées…
Les déchets encerclant l'environnement…

Le bleu
Est pâle à côté du vert
Le vert est condamné à mort…
Alors que les animaux malades
Son incinérés…
Les bateaux naufragés
Empoisonnent les mers.







Troisième Obscurité

Dans la contradiction de la haine
C'était une chaîne
Passée au vide…

Les chiffres
Coloriés
Sont au seuil des préjugés.

Au fur et à mesure
Que les mots devenus tendus
Se sont fait piéger
Les lumières de juillet
Se sont scindées en deux…

L'amitié était si mince
Au début sans salut
Du matin.

Le masque de l'égoïsme
Est tombé
Il est temps d'estimer
La valeur des hypothèses…
Aux champs des intérêts
La moisson de l'avidité
A été enlevée.

On a fait tourner la roue
Contre le froid
Des battements de cœur…
Au matin
De la troisième obscurité
Les vents ont soufflé
A sens unique.







Demain Le Soleil Naître Pour Nous

Ne prends pas froid au carrefour
Des froideurs...
Raconte la forme
Des garde-fous
Tant que ta langue tourne...
De toute façon.
Demain le soleil
Naîtra pour nous...

Comment rester insensible
A ce qu'on t'a fait subir?
Comme vivre la nuit,
Dans la clarté du jour.
Nous savons qu'en tous cas
La gaine des grossièretés
Est prête.
Demain le soleil
Naîtra pour nous...

Même si ton labeur fait briller
Les versants noircis.
On ne sait pas,
Si tu existes.
Ou non parmi eux?
Nous savons,
Leur but
Et de te mépriser.
Laisse.ne t'en fais pas
Tout ce qui est arrivé.
De tout façon
Demain le soleil
Naîtra pour nous...







Le Chasseur Devenu Guide pour Oiseaux

Le chasseur devenue guide pour oiseaux,
Avec ses deux visages
Contre les deux ailes...

Il a coupé les arbres
Pour fabriquer un arbre
Avec les petites branches asséchées...
Afin que les oiseaux s’y posent.

Il a arraché les fleurs
Pour orner les petits arbres
Afin d’égayer les oiseaux…

Il a mis de petites pierres
Grandeur graines de blé
Dans les assiettes
Afin que les oiseaux mangent…

Il a construit
Des poteaux avec des crayons
Des tours avec des poteaux
Des ruines avec des tours
Afin que les oiseaux s’y abritent…

Il a apposé des signatures
Toutes différentes
Sur les feuilles sèches,
Avec ses deux visages…
Sans que personne ne s’en aperçoive…

Après quelque temps
En chassant les oiseaux un à un
Il s’est venté
En disant que juges et procureurs
Sont ses amis…

Comme beaucoup d’autres
Sans trop tarder les oiseaux aussi
Ont compris la vérité.
Et de ce fait
Ils ont émigré
Dans d’autres contrées…
Et là-bas
Ils ont trouvé
Des pays,
Des gens bien,
Des arbres,
Des graines de blé dans des assiettes,
Et des fleurs de toutes les couleurs…

Pendant qu’eux là-bas
Vivent paisiblement
Le chasseur est deux visages
Conte les deux ailes…







L'Arrêt des Soirs

Il n'y a plus de clarté qui n'ait effleuré mon chevet
Ces soirs-là ont vieilli dans mes sommeils
Une à deux lignes
Ont embrassé mes yeux
Une révolution dans mes veines…

Je sirote les soirs cachés dans mes rêves
Les ombres dévalent
Dans mes pupilles
Je te cherche encore
Devant une statue…
Les soirs ondulent comme un chant d'oiseau
Mes espoirs perdus
Tombent à cet arrêt-là
Et mes sentiments
Te traînent dans mon cœur
Et… je dis
L'arrêt des soirs
Ne noircira jamais…







Un Monde Plein a Craquer

Plié en deux
Avec le fardeau du passé sur mon dos
En traversant ses chemins
D'où suis-je parti pour arriver où?...

Alors qu'aux vignes de la poésie
Les attentes couvertes de neige
Etaient traitées comme une dentelle
Moi, je ne sais trop comment
J'ai ri aux chagrins!...

Pendant que tournaient autour de moi
Toutes les choses qui m'intriguent
En ce temps-là
Moi, j'ai semé la poésie
Dans les champs de l'amour...

Malgré les scorpions
Les serpents
J'ai eu souvent soif
D'une vie humaine décente...
Et de surmonter les murs
Construits contre nous...

Les fourberies
M'ont marqué très fort...
A chaque fois
Il m'a semblé plus grave
D'être aveugle d'idées
Qu'aveugle de couleurs...

Plié en deux
Avec le fardeau du passé sur mon dos
En traversant ses chemins
D'où suis-je parti pour arriver où?...







On Ne Lui A Pas Encore Donne Un Nom

J'ai voulu dessiner
Ceux qui ont été classés dans les rayons
Les écrits humiliants l'être humain
Dans des mondes clos.

On n'a pas encore donné de nom
Aux efforts tant dédaignés
Aux sentiments considérés comme nuls
Aux huit ans
Aux dix-huit ans
Les horizons sans soleil
N'avaient aucune signification
Là où on ne les voit pas.

Le passé des êtres humains de l'obscurité
A été complètement mouillé
Et ensuite mis de côté.

J'ai voulu dessiner
Ceux qui ont été classés dans les rayons
Les écrits humiliants l'être humain
Dans des mondes clos.







N'Oublie Pas

Même si je t'ai perdue
De ces miroirs-là
C'est encore toi qui seras
Devant mes yeux.

Je ne pourrai peut-être pas
Tenir tes mains
Je ne pourrai peut-être pas
Couvrir ta nudité
Avec des tulles blancs.

Tu seras dénoncée par ces soirs-là
N'oublie pas.

Là où tu verras
Un arrêt semblable à celui-là
S'en va du devant des vitrines
Lis mon nom dans les reflets de lumière
N'oublie pas.

Tu seras dénoncée par ces soirs-là
N'oublie pas.







Mon Jugement

Ils m'ont jugé devant les fleurs
Les fleurs se sont tues
Les jours ont parlé.
Une accusation a pénétré mes yeux
J'ai clamé mon innocence
Ils ne m'ont pas écouté.

Je sais
Les fleurs pensaient à quelque chose
Les nuits m'en sont témoins
Je les ai suppliés de m'écouter
Les déclarations des étoiles
Ils n'ont pas écouté.

En plein milieu des nuits
Mon cour s'est senti encerclé
Je me suis laissé emporter
Par les obscurités
Qui bandent mes yeux.
Ma solitude était plantée dans mon cour
Je n'ai pas pu expliquer
Que je n'avais personne
Ils n'ont pas écouté.

Ils m'ont jugé devant les fleurs
Ils ont lié les nuits
A mes bras
Et ils m'ont exilé dans le noir
Tout seul.

J'ai clamé mon innocence
Ils n'ont pas écouté.







Danses Martiales

On vit une époque bizarre mon frère
Ces gens-là gagnent de l’argent en occupant
Avec des danses martiales…
Ne vois-tu pas les bombardements
Et les pillages?
Tu crèves à essayer de gagner quelques sous…
De nos jours
La sueur de ton front ne sert pas à grand-chose!
Des tanks venus de pays lointains
Passent dans tes rues
Et ils te demandent la raison de ta naissance!
Et tu ne peux rien dire…
Bientôt ce sera le tour des cours de droit
D’être supprimés dans les écoles
Si cela continue ainsi.

On parlait des droits de l’homme par ci par là
Toi, ne crois pas à ces rumeurs!
Tu vois que rien n’est à sa place en ce moment!

On vit une époque bizarre mon frère
Les marchands d’armes
Les secteurs de la construction
Gouvernent les pays
Est-ce si difficile à comprendre?
Ils vendront leurs produits par la guerre!

Viens écouter mes quelques conseils!
Ne te marie pas pour n’avoir point à supporter
Le chagrin du massacre de tes enfants
La bonne marche de leurs affaires a besoin
De produire des ennemis fictifs à menacer…
Par cette voie, ils s’approprient les petits pays
Les uns après les autres sous prétexte de les ‘sauver’.
Pendant que vous vous battrez entre vous
Ceux-là consommeront vos ressources souterraines.

Que devrais-je vous dire
Au moment où le passé s’installe
Douloureusement dans vos cœurs?
Soyez compréhensifs un tout petit peu!
Augmentez la dose des guerres fratricides
Divisez encore plus vos peuples
Pour faciliter la vie à ces gens-là!
N’oubliez pas que l’intérêt tue l’amour
Ils ne demandent qu’une seule chose:
Vivre dans une société sans amour
Et sans instruction aucune…
Vivre dans la clarté ou l’obscurité
Ne dépend que de vous!
Le soleil se lève et se couche à temps…
On égorge les coqs chantant avant l’heure!

On vit une époque bizarre mon frère
Ces gens-là gagnent de l’argent en occupant
Avec des danses martiales…
Ne vois-tu pas les bombardements
Et les pillages?







Devant Les Yeux de Tous


Le siffle a enlacé

Vos désirs,

Votre fierté de jeune homme

A été brûlée dans ses racines…

Par vos espoirs

Vous vous êtes liés

Aux mouchoirs de pierre…

Vos pensées

Sont tombées des ponts.


Les couleurs

N'ont pu être contenues

Dans vos yeux éblouis…

Vous avez emballé

Le soleil

Pour les séparations…


Pendant que les jeux d'épée

Noircissent

Vos yeux,

Avec vos histoires

Vous avez ouvert les bras

A l'esclavagisme.


Le siffle a enlacé

Vos désirs,

Votre fierté de jeune homme

A été brûlée dans ses racines.







Ce Qui S’Ecrit Par La Guerre Dans Le Noir

Tu ne pourras plus te réchauffer, tes mains froidies ne pourront plus se tendre vers l’amitié ! Tu as le temps de regarder en arrière ne fût-ce qu’une fois…Revois encore une fois la durée de ton amitié avec les fleurs…le plaisir que tu prends à aimer…la lumière que tu répands par la beauté de ton for intérieur !

C’est malheureux Mais ce sont eux qui décideront de tes lendemains. Peut-être que le mois de mars ne reviendra plus. Tes pieds d’enfant ne pourront plus s’enfoncer dans la neige. Les traces de guerre ne seront plus effacées dans les écoles après toi. Les livres parleront de toi. Jette-toi pour une dernière fois dans les bras de ta mère avant de voir les traces de sang, de ressentir les souffrances. Dis adieu aux fleurs à souffle coupé. Le temps se rétrécit au fur et à mesure que les souffrances piétinent tes sentiments.

Tu ne seras jamais oublié pendant que tes souvenirs se plantent dans les cœurs des vivants. Au lieu de laisser les colères là où elles sont pourquoi veulent-ils faire la guerre ? As-tu jamais pensé à ce qu’ils veulent de toi ? C’est leur ennemi interne qui les mobilise ! Je sais que tu te trouves face à la folie de ceux qui ne peuvent même pas s’entendre avec eux-mêmes. Je n’y peux rien ! Je ne peux empêcher les animosités qui font de toi une cible par des guerres dont l’essence est de tuer et de provoquer des larmes. Tu es tout petit…Je t’aime très fort ! Demain les faux sentiments contenus dans les recettes de ceux qui cherchent une ombre pour la peur et un matériau aux complaintes seront étalés les uns après les autres… Les passions feront trembler les mains de certains pendant qu’ils dessinent les tâches de sang avec leur encre. Tu peux en être sûr, mon enfant !

Si à table ta mère affamée tombe sur toi en larmes avant de manger une seule bouchée de pain, n’oublie pas de lui faire un sourire, mon enfant ! A présent, tu vis sous les menaces de guerre qui sentent le pétrole. L’Irak vibre devant tes fenêtres. Les lignes vieilles se mettent à te suivre également ! Je sais que les fleurs ne vivent pas aux bouts des canons…La guerre porte des chagrins et non des joies dans les foyers ! Jette-toi pour une dernière fois dans les bras de ta mère avant de voir les traces de sang, de ressentir les souffrances. Dis adieu aux fleurs à souffle coupé. Le temps se rétrécit au fur et à mesure que les souffrances piétinent tes sentiments.







Avec Moïse Marce


Il était une fois

Nous étions à la recherche d'amour

Et de beautés.

Nous n'avions aucune passion.

Nous ne pensions pas non plus

Ni à chanter, ni à danser

Dans les cimes.

Depuis ce temps-là

Nous ne sommes l'enfant

Non des ténèbres

Mais des clartés.

Nous savions

Que le vent ne souffle pas

Toujours du même côté.

Que les nuages sombres

N'étaient pas que pour nous.

Il était une fois

Nous étions à la recherche d'amour

Et de beautés.

Il y avait en nous

Fraternité et humanité,

Et un monde limpide

En dehors de nous.

Depuis ce temps-là

Nous ne sommes l'enfant

Non des ténèbres

Mais des clartés.







Le Miroir

L'être humain se voit lui-même
Dans le miroir.

Il reste au de delà pensée
De temps à autre
Il voit des figures déformées,
Il voit les choses à l'envers.

Il cherche un coupable
Constamment
Il voit des tissus
Tout en morceaux.

Celui qui est à accuser
Est lui-même.
L'être humain courtois
Ne peut accuser sans connaissance.

Que l'être humain vive à Paris
Ou à Konya
Les vérités sont invariables
Dans l'univers.

L'être humain se voit lui-même
Dans le miroir.







Les Nuits sans Toi

Je sirote mon esclavage
Les nuits
Je suis cloué trop loin sans toi.

Je cache les bleus rafraîchissants
De mes rêves
Je fais fondre le temps dans mes verres
Avec une chanson qui pleure
Je dessine mes larmes
Dans mes poèmes.

Et toutes les nuits
Les gouttes de pluie rêvent de moi
Pour disperser ma soif de toi
Je bois, je bois jusqu'à l'infini.












Change

If you can enter
within others
without polluting them
draining their feelings
pulling with your hands
without breaking their stalactites
turned yellow
without touching the ends
of drops of hate
...at that instant
you will change.

If you can enter
within others
without allowing feet
to crush their existence
without letting their essence
slide downwards on a slope
putting it upright
with your looking
...at that instant
you will change.

If you can enter
within others
by dispersing the confusion
contained in avarice
by displaying before them
their staggering identity
without traveling into their pasts
or being misled by their uncertainties
...at that instant
you will change.

Your feelings
are above time
Do not become worried
by the uncertainty of tomorrow
facing mucked-up landscapes.
«To allow them to see themselves»
return their images
to them.
If you can enter
within others
...at that instant
you will change.







Are You Ready Children?

Today I shall choose one of you

A child on whom falls a shadow, wedged in a corner between lines...

A daisy bringing us some suffering from his home

Silent in the middle of a blue turning grey, a button of a rose without anyone in the mass of it...

A living being full of secrets, the heart of which spreads light

While the sun continues running into water, the headlights of space fall in front of him one after another...

Say so if you have problems!

If you are part of a life full of black points, blended in the night, encircled with ruddy colours, show yourselves...

I know that your security guards do not self-protect

In spite of the reins of ice on your ways, in which the identity of humans melt, can you determine your destination?

Are you ready children?

Today I shall choose one of you

A child on whom falls a shadow, wedged in a corner between lines...







Of two, your uncle doesn't like either

By his attitudes
your uncle resembles
a machine with laughs in brightness!

With some difficulty
most people stop themselves
from laughing.
Besides, are they are in a state
to laugh -
poor people?
Their problems exceed their means,
high costs exclude...
their children are untenable.
Their waiting
lags behind
the century.

Finding
nothing else in place
he grabs passers-by
by the nose...
a gag in one hand,
a carrot and an onion
in the other.
As a matter of fact...
what does he want,
your uncle?







On the Remains of Yesterday

A stone lying here and there,
begging cicadas,
the interesting countryside,
polluting the atmosphere,
and a bowl full of respectability...

Some tortured, some dead,
fish in agony
on the beaches.
Facing starvation.
The accused
who clink their glasses...

Some tired landscapes
on the remains of yesterday,
violets from excavated corpses,
lilies angry at the sun,
roses wrongly loved...
rubbish surrounds the environment.

Blue
is pale beside green.
Green is condemned to die
as sick animals are incinerated.
Shipwrecked boats
poison the seas.







Third Darkness

In hatred's contradictions
it is a chain
passing by emptiness.

Figures
in color
are at the brink of prejudice.

As one goes along
words become strained,
trapped,
the light of July
split in two.

Friendship was so slight
without greetings
at the beginning of the morning.

The mask of egoism
has fallen now.
It is time to evaluate
the merits of theories
in the fields of interest.
Greed's harvest
has been taken away.

The wheel has turned
against the cold
some heartbeats
from the morning,
from the third darkness.
The winds have blown
with unique meaning.







Tomorrow the Sun Is Born for Us

Don't catch a cold
at the crossroads
of coldness;
speak of the shape
of guard railings.
So much language turns
every which way.
Tomorrow the sun
will be born for us.

How can one remain numb
to what he makes suffer?
Like night living
in the clarity of day.
In any event, we know
that the sheath for rudeness
is ever ready.
Tomorrow the sun
will be born for us.

Even if you work
to make the blackened slopes shine,
do they know
that you exist among them?
We know their goal,
and their scorn of you.
Let it go, do nothing
about all that has happened
every which way...
Tomorrow the sun
will be born for us.







The Hunter Has Become a Guide for the Birds

The hunter has become a guide for the birds,
his two faces
against two wings.

He has chopped down trees
to make a post
with small dried branches
for the birds to roost.

He has broken off flowers
to decorate this small tree
to cheer the birds.

He has put small stones
and large grains of wheat
on plates
so that the birds can eat.

He has constructed
posts with pencils
and towers with posts
from the ruins of the towers
so that the birds can take cover.

He has appended signatures,
each one different,
on dry leaves
with his two faces,
no one noticing.

After some time,
chasing the birds one by one,
he blows like a wind,
saying that judges and prosecutors
are his friends.

The birds, like many others,
quickly understand
and when the time is ripe
they emigrate,
exchanging one thing for another,
finding another country,
agreeable people, trees,
grains of wheat on plates
and flowers of all colors...

while living peacefully there,
the hunter is of two faces
against two wings.







The Arrest of Evenings

There is no longer light
touching my bedside;
those evenings have aged in my dreams,
one or two lines embracing my eyes,
a revolution in my veins.

I sip the evenings hidden in my dreams,
shadows hurtling into my pupils,
still looking for you
before a statue.
The evenings undulate
like the song of a bird,
my hopes falling at a stop, lost;
my sentiments drag along in my heart
...and I say that evenings arrested
will never blacken.







A Big World to Crack

Folded in two
with a burden on my back,
crossing paths;
from where am I leaving
to arrive where?

And when, to vines of poetry?
Expectations covered with snow
were treated like lace;
I know too well how,
have laughed at sorrows...

In this moment
all those things which intrigue me
surround me
and I scatter poetry
in the fields of love

In spite of snakes and scorpions
I have been thirsty
for a decent life
and for surmounting the walls
constructed between us

Deceit
has profoundly marked me...
each time, it seems more serious
to be blind to ideas
than to colors

Folded in two
with a burden on my back,
crossing paths;
from where am I leaving
to arrive where?







Still Without A Name

I have wanted to draw the ones
stuck in the cracks,
those humiliating efforts of being human
in closed off worlds.

A name hasn't yet been given
to efforts scorned
for eight years and eighteen,
to feelings beneath consideration,
to horizons without a rising sun,
without significance,
there - unseen.

To the passing of being human,
from darkness to being drenched -
and then cast aside.

I have wanted to draw the ones
stuck in the cracks,
those humiliating efforts of being human
in closed off worlds.







Do Not Forget

Even if I lose you
from these mirrors,
it is still you
who will be before my eyes

even if I cannnot hold your hands
or cover your nakedness with white tulle.

The evenings will give you up,
do not forget.

There, where you are looking,
in front of the windows:
time seems to have stopped.
Read my name in the reflecting lights.

The evenings will give you up,
do not forget.







My Judgement

They have judged me in front of the flowers.
The flowers are dead,
the days have spoken.
An accusation pierced my eyes
and I proclaimed my innocence.
They did not listen.

I know the flowers were thinking,
the nights are my witnesses.
I implored them to listen
to what the stars declared.
They did not hear.

In the middle of the night,
my heart surrounded,
I let myself be blindfolded
with obscurities
and swept away,
loneliness planted in my heart.
I could not explain that I had no one,
they would not listen.

They judged me in front of the flowers
and tied the nights to my arms.
They exiled me to darkness
all alone.

I proclaimed my innocence.
They did not listen.







Martial Dances

We live in strange times, my brother
men make money
with war dances
and occupation...
Do you not see the bombardments
and the pillaging?
Under the boot
you are worn out,
these days
the sweat of your brow
no longer serves you!
Tanks come from distant lands
passing down your streets
demanding to know
why you were born!
And you can say nothing.
Soon, if this continues,
it will be the course of progress
to be denied learning.

One speaks of the rights of man
here and there.
Do not believe those rumors!
You see that nothing is in place now!

We live in strange times my brother,
arms dealing,
construction
governing the land.
Is it so difficult to understand?
They sell the merchandise of war!

Come listen to my counsel.
Don't marry, it is unsupportable
to suffer the massacre of your children.
The success of your affairs depends
on producing fictitious enemies
to menace...
In this manner
they take over small countries
one after the other
under the pretext of saving them.
While you fight amongst yourselves
others consume your underground resources.

What should I tell you;
do these times plant sorrow
in your hearts?
Be a little understanding!
Increase the number of fratricidal wars,
divide your people further
to make the lives of the invaders easier.
Do not forget that to destroy love
requires only this:

Live in a society without love
and don't educate anyone...
Live in the clarity of obscurity,
depend only on yourself!

The sun rises and sets on time...
the throats of cocks are cut
that sing before the hour!

We live in strange times my brother,
men make money with war dances
and occupation...
Do you not see the bombardments
and the pillaging?





Before the Eyes of All


A whistle has snared your longing,

your pride has burned

into a young man's roots,

deceiving your mutual hope;

and your thoughts,

like handkerchiefs of stone,

have fallen from the bridges.


In your own dazzled eyes

colors are not repressible,

but you have packed the sun

into compartments.

While the sword plays

darkly in the dazzle,

your stories open the arms of slavery.


A whistle has snared your longing,

your pride has burned

into a young man's roots.







What Is Written in the Dark by War

You can no longer warm your cold hands or offer them in friendship. You have time to look back only once to view the life of your friendship with flowers, the pleasure you take in love, the light that beauty ignites in your heart of hearts.

It is most unfortunate, but there are those who decide on your tomorrows. Perhaps the month of March will not return, and the feet of a child will not break the snow. The marks left by war will no longer retire with you, following you from school. Books will speak of you.

Throw me once more into the arms of my mother, before the bloody marks show, before the sorrows. Bid adieu to the flowers, their breathing cut off. Time narrows as suffering tramples thoughts.

You will never forget while memories sink into living hearts. Who are those who want to make war instead of leaving anger behind? Have you ever wondered what they want from you? It is their internal enemy that mobilizes them!

I know you find yourself facing the folly of those who cannot hear themselves. I can do nothing! I cannot prevent your being a target of suffering and death. You are a tiny tot - I love you dearly. Tomorrow the poison in the recipes of those who camouflage their fears will weaken...meanwhile, passion will surely cause the hands that design using blood for ink to tremble. You can be sure of it!

If your starving mother falls on her tears at the table before she touches her morsel of bread, do not forget to give her a smile, my child! Behind the present menacings of war, you can smell the oil. Iraq and old lives vibrate before your windows. I know flowers do not live in the mouths of canons...war holds grief, not joy, in its foyers! Throw yourself once more into the arms of your mother before blood and sorrows flow. Say goodbye to the flowers, their breathing cut off. Time narrows as suffering tramples your thoughts.







The Cradle's Dregs


There was a time

we searched for love and beauty.

We no longer have that passion.

We no longer think

or sing, or dance

in the peaks.

We have become children

not of darkness

but of light.

We know now

that the wind does not always blow

from the same side,

that dark clouds

are not only for us.

There was a time

we searched for love and beauty.

There was within us

brotherhood and humanity

and a limpid world outside.

Since that time

we have become children

not of darkness

but of light.







Looking at Oneself in the Mirror

A human being sees himself
in a mirror.

From time to time
beyond thought
he sees deformed faces,
he sees things upside down.

He seeks a culprit constantly.
He sees fabrics
all in pieces.

Whomever he accuses
is himself.
A courteous human being
cannot accuse without knowledge.

Whether a human being lives in Paris
or in Kenja,
truths are invariable
in the universe.

A human being sees himself
in a mirror.







Nights without You

I sip my slavery
nightly;
without you, I am nailed down.

I conceal the blue refreshment
of my dreams,
I melt time in glasses
with a song that cries,
and arrange my tears
into poems.

Every night
the rain returns to me.
To disperse my thirst for you
I drink, I drink until infinity.





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